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Randonnée en altitude et plantes sauvages comestibles : itinéraire éco-responsable et recettes faciles à préparer en bivouac

Randonnée en altitude et plantes sauvages comestibles : itinéraire éco-responsable et recettes faciles à préparer en bivouac

Lola27 janvier 202628 janvier 2026

Quand je pars en randonnée en altitude, je ne cherche pas seulement le dépaysement et les panoramas de montagne. J’observe aussi, à chaque pas, les plantes sauvages comestibles qui bordent le sentier. Elles racontent l’écosystème, la saison, l’altitude… et offrent parfois de quoi enrichir un repas de bivouac, à condition de les cueillir avec une grande prudence et dans une démarche éco-responsable.

Dans cet article, je partage un itinéraire type de randonnée en altitude respectueux de l’environnement, quelques conseils pour identifier et récolter les plantes sauvages comestibles, ainsi que des recettes faciles à préparer en bivouac. Mon objectif : montrer qu’il est possible de vivre une expérience de montagne plus autonome, plus simple et plus proche du vivant, tout en minimisant notre impact.

Préparer une randonnée en altitude éco-responsable

Avant même de parler de plantes sauvages comestibles, je commence toujours par choisir un itinéraire de randonnée pensé pour limiter mon empreinte. Pour moi, une randonnée en altitude éco-responsable repose sur plusieurs piliers.

D’abord, j’accorde une importance particulière au moyen de transport pour rejoindre le départ du sentier :

  • Privilégier le train ou le car jusqu’à la vallée la plus proche.
  • Compléter en stop ou en navette locale plutôt qu’en voiture individuelle.
  • Regrouper les déplacements si je pars avec des amis (covoiturage raisonné).
  • Ensuite, je prépare mon sac pour limiter les déchets :

  • Emporter des sacs en tissu pour les provisions et éviter les emballages à usage unique.
  • Prévoir une gourde filtrante ou une solution de traitement de l’eau au lieu de bouteilles en plastique.
  • Choisir des aliments secs en vrac (céréales, légumineuses, fruits secs) issus de l’agriculture biologique.
  • C’est seulement une fois ces aspects anticipés que je pense à la cueillette. Les plantes sauvages comestibles ne remplacent pas une véritable autonomie alimentaire, surtout en altitude, mais elles peuvent compléter agréablement un repas de bivouac. Je les considère comme un “bonus sensible”, une occasion d’entrer en relation avec le milieu, plutôt qu’un garde-manger à exploiter.

    Principes éthiques de la cueillette en montagne

    En altitude, les écosystèmes sont souvent plus fragiles, la saison de croissance plus courte, et la biodiversité particulièrement précieuse. Avant de cueillir la moindre feuille, je me fixe quelques règles simples, mais non négociables :

  • Ne cueillir que ce que je connais à 100 % : en cas de doute, je m’abstiens systématiquement.
  • Prélever en très petite quantité, pour l’appoint, jamais pour faire des stocks.
  • Ne pas toucher aux espèces protégées ou rares, même si elles sont comestibles.
  • Cueillir uniquement loin des routes, pistes et zones de pâturage intensif.
  • Ne pas arracher les racines, uniquement des parties aériennes en faible quantité.
  • J’emporte toujours un petit guide de botanique spécifique aux Alpes ou aux montagnes que je traverse, éventuellement complété par une application de reconnaissance de plantes que j’utilise comme outil d’aide, jamais comme verdict définitif. Sur le terrain, j’observe la forme des feuilles, la tige, l’odeur, l’habitat, la floraison – tout compte pour une identification rigoureuse.

    Quelques plantes sauvages comestibles courantes en altitude

    Selon la chaîne de montagne (Alpes, Pyrénées, Massif central, Jura…), les espèces varient, mais certaines plantes sauvages comestibles se retrouvent fréquemment le long des sentiers d’altitude. Voici celles que je rencontre le plus souvent et que j’intègre parfois à mes repas de bivouac, avec précaution.

    Le plantain (Plantago lanceolata, P. major)

    Je le trouve généralement entre 800 et 2 000 mètres, sur les prairies, les bords de chemins et les alpages. Ses feuilles longues, nervurées, sont légèrement coriaces, mais très intéressantes :

  • Jeunes feuilles crues, finement émincées, pour relever une salade froide de lentilles.
  • Feuilles plus âgées cuites dans une soupe, comme un “vert” supplémentaire.
  • L’oseille sauvage (Rumex acetosa et espèces proches)

    Elle pousse dans les prairies humides et les pelouses d’altitude. J’apprécie son goût acidulé, riche en vitamine C :

  • En petites quantités, cru, pour acidifier un plat de céréales.
  • Mixée dans une soupe de bivouac, à la manière d’une soupe à l’oseille.
  • Je reste cependant très modéré, car l’oseille est riche en acide oxalique, à consommer parcimonieusement.

    Le pissenlit (Taraxacum officinale)

    De la vallée aux prairies d’altitude, il est presque partout. Les feuilles jeunes sont les plus intéressantes :

  • En salade, mélangées à d’autres feuilles plus douces (plantain, pousses de pature).
  • Les boutons floraux peuvent être sautés à la poêle, en garniture.
  • L’ortie (Urtica dioica)

    Plus fréquente dans les vallées et étages montagnards, elle accompagne souvent mes bivouacs de début ou fin de saison :

  • En soupe, avec des flocons d’avoine pour épaissir.
  • Déshydratée puis infusée, comme boisson chaude reminéralisante.
  • Je la récolte toujours avec des gants ou en pinçant bien la base de la tige.

    Le serpolet (Thymus serpyllum)

    Sur les sols secs, en pelouses rases d’altitude, le serpolet forme des coussins odorants. Son parfum de thym est très concentré :

  • Pour aromatiser un plat de pâtes ou de riz cuit au réchaud.
  • En infusion du soir pour favoriser la digestion après une grosse journée de marche.
  • Les myrtilles (Vaccinium myrtillus)

    À partir de 1 000 à 2 000 mètres selon les massifs, les sous-bois et les landes à myrtilles sont un véritable cadeau, mais aussi un écosystème essentiel pour de nombreuses espèces :

  • Je ne cueille qu’une petite poignée pour le dessert, jamais plus.
  • Je veille à ne pas piétiner les touffes ni à arracher les rameaux.
  • Cette liste n’est qu’un aperçu. Chaque massif possède ses spécificités floristiques. J’encourage toujours à se former localement, auprès de botanistes, d’accompagnateurs en montagne ou lors de sorties dédiées aux plantes sauvages comestibles.

    Construire un itinéraire privilégiant la biodiversité

    Quand je prépare une randonnée de plusieurs jours en altitude, je regarde d’abord les cartes topographiques pour identifier :

  • Les zones de pelouses alpines, riches en petites plantes aromatiques.
  • Les lisières de forêts montagnardes, souvent propices aux plantes sauvages comestibles.
  • Les cours d’eau et zones humides, où poussent certaines espèces comestibles plus spécifiques.
  • Je privilégie les sentiers balisés pour ne pas créer de nouveaux chemins et limiter le piétinement des milieux sensibles. Je choisis également des périodes où la pression touristique est un peu moindre (début de saison estivale, septembre) afin d’éviter la surcharge des écosystèmes.

    En altitude, je me rappelle que de nombreuses zones sont des refuges pour la faune (tétras-lyre, marmottes, lagopèdes, chamois…). Chaque geste compte : rester discret, camper sur des emplacements déjà existants quand c’est possible, éviter les crêtes très fréquentées par les oiseaux nicheurs et respecter les directives locales sur le bivouac.

    Recettes faciles à préparer en bivouac avec des plantes sauvages

    Pour cuisiner en montagne, je recherche des recettes :

  • Peu gourmandes en eau.
  • Rapides à préparer au réchaud.
  • Adaptables avec ou sans plantes sauvages selon la récolte réelle du jour.
  • Voici quelques idées simples que j’utilise régulièrement lors de mes bivouacs en altitude.

    Soupe aux flocons d’avoine et orties

    Ingrédients pour une personne :

  • 3 à 4 cuillères à soupe de flocons d’avoine.
  • Une poignée de jeunes feuilles d’ortie (ou de plantain si pas d’ortie).
  • Un bouillon cube (de préférence bio et pauvre en sel).
  • Sel, poivre, éventuellement un peu d’huile d’olive.
  • Je fais bouillir de l’eau, j’ajoute les flocons d’avoine et le bouillon, puis j’incorpore les feuilles hachées. En quelques minutes, la soupe épaissit. L’ortie apporte des minéraux et une belle couleur verte, idéale après une journée de randonnée intense.

    Pâtes au serpolet et à l’ail des ours (au printemps, selon altitude)

    Si j’ai prévu des pâtes complètes dans mon sac, je peux les transformer grâce à quelques plantes aromatiques :

  • Pâtes courtes (100 g environ).
  • Une poignée de feuilles fraîches d’ail des ours (si la saison et le secteur s’y prêtent, et identification certaine).
  • Un peu de serpolet frais ou séché.
  • Huile d’olive, sel, poivre.
  • Je cuis les pâtes, puis je les égoutte en gardant un peu d’eau de cuisson. J’ajoute l’ail des ours finement ciselé, le serpolet et un filet d’huile d’olive. La chaleur des pâtes suffit à libérer les arômes, sans besoin de recuisson longue.

    Salade de lentilles aux herbes sauvages

    Pour une randonnée de plusieurs jours, les lentilles précuites ou en conserve (transvasées dans un contenant réutilisable) sont une base intéressante :

  • Lentilles cuites égouttées.
  • Jeunes feuilles de pissenlit, plantain, oseille (en petite quantité).
  • Quelques myrtilles ou autres baies comestibles pour la touche sucrée.
  • Huile d’olive, vinaigre (optionnel), sel, graines (tournesol, courge…).
  • Je mélange simplement tous les ingrédients dans ma gamelle. Les herbes sauvages apportent fraîcheur et diversité nutritionnelle, tandis que les graines et l’huile d’olive fournissent de bons lipides pour l’effort.

    Infusion de serpolet et de fleurs alpines comestibles

    Le soir au bivouac, je prépare souvent une infusion pour me réchauffer :

  • Quelques tiges de serpolet.
  • Éventuellement quelques fleurs comestibles identifiées (pensée sauvage, fleurs de trèfle…).
  • Eau bouillante.
  • Je laisse infuser quelques minutes dans ma tasse. Cette boisson simple devient un moment de connexion avec le lieu, tant que je reste très modérée sur la quantité prélevée.

    Respecter les réglementations locales et la faune

    En altitude, la cueillette de plantes sauvages comestibles est parfois encadrée, voire interdite, notamment dans les parcs nationaux, réserves naturelles ou zones Natura 2000. Avant de partir, je vérifie toujours :

  • Les règles officielles sur les sites des parcs et offices de tourisme.
  • Les panneaux d’information au départ des sentiers.
  • Les restrictions saisonnières liées aux espèces protégées.
  • Je garde aussi en tête que la nourriture sauvage appartient d’abord à la faune. Les baies, les graines, les jeunes pousses nourrissent oiseaux, insectes, rongeurs… En montagne, où les ressources sont parfois limitées, chaque prélèvement humain doit rester modeste.

    Enfin, je prends le réflexe de ne jamais laisser de trace :

  • Ramener tous mes déchets, même biodégradables (épluchures, restes de repas), pour ne pas perturber la faune.
  • Utiliser du savon biodégradable loin des cours d’eau.
  • Éteindre parfaitement le réchaud et ne jamais allumer de feu en dehors des zones autorisées.
  • La randonnée en altitude, la découverte des plantes sauvages comestibles et la cuisine de bivouac peuvent devenir une expérience profondément harmonieuse avec le milieu montagnard, à condition de les pratiquer avec humilité. Je pars toujours avec l’idée de recevoir, non de prendre, et d’apprendre à mieux connaître ces milieux d’altitude que nous aimons tant parcourir.

    Lola Rivière

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